Reiki et changement (3)
Blog reiki-sante, p.94 – le soin Reiki confronte au changement. Mais entre le changement fait pour « ne pas changer » ou préserver sa stabilité (voir mon billet n° 92 : Reiki et changement – 1) et le changement provoqué par un bouleversement extérieur brutal qui oblige à changer, avec son cortège de peur, de sentiment de perte (voir mon billet n°93 : Reiki et changement – 2), la voie du soin Reiki est étroite.
J’ai terminé mon billet précédent en posant que seul un changement de représentation peut nous permettre d’évoluer. Je m’explique un peu plus. Nous ne sommes pas des êtres solitaires vivant une bulle, mais des êtres sociaux, en permanence en relation avec les autres et plus largement avec notre environnement. Le regard que nous portons sur ces relations nous cause souvent bien plus de souffrances que les évènements objectifs eux-mêmes. Il suffirait donc de modifier son regard pour aller mieux, c’est ce qu’explique de nombreuses religions et philosophies (épicurisme, stoïcisme notamment).
Mais tout le monde ne s’engage pas dans une démarche spirituelle ni dans des « ascétismes » comme on dit dans le Mahâbhârata. La première chose que le praticien Reiki peut apporter à son patient est de l’inviter à s’écouter. Je suis frappé de constater que les personnes qui viennent en soin Reiki, avec une forte demande d’écoute, ne s’écoutent pas elles-mêmes (sinon auraient-elles tant besoin d’être écoutées ?). Leur plainte est mentalisée, mal localisée dans le corps, imprécise dans les symptômes ressentis. Le travail du praticien Reiki est justement, par son écoute totale et compassionnelle, « d’autoriser » la personne à s’écouter, à prendre conscience de sa souffrance, non pas la souffrance pensée mais la souffrance du corps.
Le Reiki peut beaucoup dans cette étape du soin (attention, il y aura une suite !). A l’opposé des psychothérapies verbales, il se passe du mental. Son action porte sur le corps directement et laisse émerger l’émotion. C’est un moment délicat car souvent peu agréable, celui qu’on qualifie souvent, dans le Reiki, d’effet secondaire. Certaines personnes trouvent trop dur de se trouver confrontées à de nouvelles souffrances ou des émotions désagréables. Elles n’y sont pas prêtes et le praticien Reiki se doit de respecter la démarche de son patient (il n’est pas toujours facile de le faire avec le détachement nécessaire, je peux en témoigner. Mais cela est le travail du praticien Reiki).
Pour les patients prêts à aller plus loin, je trouve que le soin Reiki proprement dit trouve ses limites. Son cadre, son rythme, la relation thérapeute/patient n’ouvrent à mon avis pas assez d’espaces. C’est à un autre dispositif me semble-t-il qu’il faut faire appel. Ce sera l’objet de mon prochain billet sur cette question.

«…ne s’écoutent pas elles-mêmes (sinon auraient-elles tant besoin d’être écoutées ?)»
Cela résume parfaitement les maux de la société actuelle.