La femme à l’album photo
Blog reiki-sante, p. 42 – Marie-Claire a des angoisses apparues depuis que les médecins suspectent un cancer, sans toutefois parvenir à le diagnostiquer (pour la petite histoire, il s’agit d’un marqueur, le taux d’ACE, qui monte, qui monte).
Marie-Claire fait du Reiki elle-même. C’est une de mes élèves. Sa demande de soin est liée à ses angoisses. Elle me demande aussi de lui donner des conseils pour travailler sur elle-même. Nous parlons avant le soin. Je lui propose de pratiquer des auto-traitements sans utiliser ses mains, juste avec l’intention portée sur une zone de son corps. Il s’agit d’arriver à prendre contact sur un endroit ou un organe précis, puis « d’écouter », c’est-à-dire d’être attentif aux ressentis qui émergeront : ressentis physiques ou émotions. Puis dans un second temps d’observer ces ressentis et émotions, de façon à prendre du recul, de mettre la peur à distance.
Ceci dit, nous commençons le soin et Marie-Claire ouvre alors son album photos intime. A chaque position de mes mains surgit une image, une scène du passé, accompagnée d’une émotion : Marie-Claire petite fille avec un poupon dans les bras. Tout le monde souligne comme elle est sage. « Je n’avais pas le droit de faire autrement » commente-t-elle aujourd’hui, baignée de tristesse. Marie-Claire adolescente faisant une expérience amoureuse traumatisante. « Pourquoi ai-je peur ? J’ai déjà parlé de ça, je pensais que c’était passé ! ». Image de la mère de Marie-Claire, etc, etc.
Le soin se termine après quelques pages de l’album feuilletées, sans conclusion, comme après une promenade étrange dans un monde d’émotions et de souvenirs. On ne parle pas de sa maladie possible, de son angoisse permanente.
Deux jours après je reçois un SMS : « merci encore. C’est mystérieux mais j’ai une nouvelle certitude : je n’ai plus besoin d’avoir peur. »
Tout cadeau est bon à prendre, même quand le donateur reste un mystère.
