Soin reiki et émotion

Blog reiki-sante, p. 20 – Dans son dernier livre, Milan Kundera, à propos du peintre Bacon, s’interroge ainsi : « pendant combien de temps un visage cher qui s’éloigne dans la maladie, dans la folie, dans la haine, dans la mort, reste-t-il encore reconnaissable ? Où est la frontière derrière laquelle un « moi » cesse d’être « moi ».[1] »

Je comprends cette question. Elle m’éclaire d’un seul coup sur la fascination, le rejet et l’admiration que j’éprouve pour l’œuvre de Bacon.

Quand je fais du Reiki, j’essaie modestement de faire un chemin à la fois semblable et inverse à celui du peintre.

Il arrive parfois (assez souvent), que les personnes allongées sur la table de massage, tandis que mes mains sont placées au-dessus d’elles, laissent affleurer des émotions sur leurs visages. Qui sont ces visages déformés par la souffrance, la douleur, la tristesse, la colère ? En quoi désignent-ils le moi profond de ces personnes ? Et mon travail est de leur redonner un visage dans lequel ils pourront se reconnaître, comme êtres humains, êtres aimants et aimés, êtres disposant d’un avenir.


[1] Milan Kundera, Une rencontre, nrf Gallimard, 2009

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