Le grand silence
Blog Reiki, p. 5 – J’ai vu un film il y a quelque temps déjà, « le grand silence ». Il s’agit d’un long documentaire sur des moines chartreux qui ont fait vœu de silence. Il sont une quinzaine je crois. Ils ne parlent pas, à l’exception des récitations des offices et ils ont droit à une récréation verbale un dimanche par mois. Le film est donc silencieux. Enfin, il n’y a pas de commentaire, juste les sons de la vie. Je ne sais pas pourquoi je repense à ce film. Ce silence impose le respect, questionne sur soi. Est-on prêt à cela ? Une vie à méditer. Je crois que je n’en serais pas capable. A défaut de cette règle monastique de fer, peut on être silencieux dans le monde ? Le silence mental, le vide comme on dit. Je pense qu’il s’agit plus d’un contrôle de ses pensées non intentionnelles, intrusives. Celles qui surgissent sans crier gare, qui se développent dans des scénarios improbables, quasiment à notre insu, et dont on prend conscience un peu tard, souvent quand elles ont déclenché des émotions dont on se serait bien passées. Ce silence, quand il est le résultat d’une pratique régulière, volontaire, exigeante, n’interdit pas la pensée, la réflexion, la prise de parole. On est dans un contact conscient entre son corps, ses émotions, sa pensée orientée vers quelque chose : une méditation en quelque sorte.
Mais dans ce film, il y a plus que le silence. On y voit que ces moines, toujours en prière, même dans leurs actes profanes, mettent du sacré partout. Tout est ritualisé chez eux. On ne fait pas sonner la cloche comme ça, en tirant simplement sur la corde. Le geste est précédé, accompagné, suivi par des prières, une intention. Le geste est ritualisé et dit quelque chose. Idem pour couper du bois, servir le repas. Et nous, pensons-nous ce que nous faisons ? Et quand on prend conscience de ce que l’on fait, est-ce que ça change quelque chose ? Il me semble que oui. Que la pratique du reiki conduit à être conscient de la position de ses mains, du glissement d’une position à l’autre. Sans cette acuité du geste, sa signification et son efficacité en seraient amoindri.
