Atelier Reiki : l'importance du corps
Blog Reiki, p. 4 – Carine m’a posé une série de questions techniques sur le Reiki. « Les mains, est-ce que je les mets bien ? Si mes doigts sont orientés vers le bas plutôt que vers le haut, est-ce que sera aussi efficace ? » etc, etc. Avec ce type de demande, si on rentre dans le jeu, on ne s’en sort pas. Moi en tout cas. D’autant plus que je n’accorde qu’une importance modérée à la précision des gestes, même si je respecte plutôt assez fidèlement le protocole de base.
On a travaillé avec Carine sur deux choses : la première c’est le rythme. Comment travailler avec la respiration, comment placer ses mains et glisser d’une position à l’autre. Du coup, l’importance du corps du praticien m’est apparue comme une évidence. La mise en scène du corps participe du rituel, pas la seule position des mains. Le soin met en jeu tout un ensemble de facteurs : la manière dont le corps est investi dans le soin, la façon d’utiliser le symbole, de le visualiser, la répétition du mantra, la résonance du son, sa vibration. Tout participe du soin.
Le reiki est un dialogue de corps à corps, certainement pas d’esprit à esprit. Je ne sais pas ce que pense l’autre, je ne sais pas pourquoi il va mal, et il ne le sait pas lui-même d’ailleurs. Et je ne cherche pas à le savoir avec mon esprit. Je cherche à apporter à mon patient une énergie qui va le booster, comme lorsque je branche une batterie pleine à une batterie déchargée pour faire démarrer la voiture. Quand le moteur est relancé, j’arrête et je débranche les cables. C’est pareil avec le reiki. Je branche mon énergie, par l’intermédiaire de mon corps, à celle de la personne. Pour cela, il faut que je puisse mobiliser mon énergie et la concentrer dans mes mains. Ce sont les cables, pour filer ma métaphore des batteries. Pour me mobiliser pleinement, il me faut pratiquer régulièrement et fréquemment. Pour arriver à concentrer cette énergie, il faut que je me place dans un état mental adéquat, qui me mette en contact avec mes énergies, via mon corps. Cet état résulte de la méditation, du calme des pensées, d’une habitude à se placer dans différents endroits de son corps pour le ressentir.
J’essaie de comprendre ce qu’induit cet état mental modifié que j’évoque. J’ai lu dans un bouquin sur la méditation[1] une explication assez convaincante. Prenons mon doigt (l’annulaire gauche pour faire plaisir aux lecteurs soucieux de précision !) Je me coupe. Que se passe-t-il ? Je saigne. J’ai mal également. J’ai mal parce que mes nerfs ont transmis un signal à mon cerveau, signal de douleur, donc d’alerte. La suite… Tout un ensemble de mécanismes de défenses vont se mettre en mouvement : pour stopper le saignement, empêcher l’infection, cicatriser. Je vais aider ce processus en utilisant un désinfectant, un sparadrap. Bien. Reprenons la scène à son début. Je me coupe. La différence dans cette séquence 2, c’est qu’on m’a neutralisé le système nerveux. Plus de signal de douleur, je suis dans l’ignorance de ma coupure. Mais cela n’empêche pas le processus que j’ai évoqué plus haut de se mettre en branle (arrêt du saignement, cicatrisation…
Qu’en penser d’utile pour le reiki ? Que l’individu dispose de plusieurs signaux d’alerte, conscients et inconscients, et que les mécanismes de réparation se sont mis en place indépendamment de la conscience que la personne peut avoir de son problème. Quand je fais du reiki, je ne m’adresse pas à la conscience de la personne, je m’adresse aux mécanismes non conscients qui se mettent en mouvement pour défendre, réparer. Pour m’adresser à cette partie de la personne, évidemment que ma propre conscience ne sert de rien. Il faut parler de corps à corps, d’énergie à énergie. Par ma pratique de guérisseur, je vais me mettre dans un état approprié de communication pour aller activer les mécanismes de réparation de la personne, qui sont inactifs ou neutralisés pour des raisons que j’ignore.
Pour que ces mécanismes de réparation s’activent, deux conditions sont nécessaires : 1) que je puisse apporter un niveau suffisant d’énergie à la personne, 2) que la personne elle-même ait assez de ressources pour se libérer de son inhibition et repartir dans un processus de réparation.
Je reviens à Carine et ses questions sur la précision du geste. Je ne dis pas qu’il n’est pas important d’avoir une gestuelle transmise par des praticiens, acquise et éprouvée par l’expérience, et encore moins qu’on peut faire n’importe quoi. Je dis qu’il faut avoir la gestuelle qui est juste avec son état mental, qui permet de mobiliser au mieux son énergie, qui est la plus acceptable par la personne. C’est cela que je dis, et que la réflexion à avoir n’est pas tant de savoir si mon geste est bien conforme à celui montré dans le livre ou le polycopié de l’enseignant, mais si mon geste est juste. Et il y a de fortes chances dans ce que pour que ce geste que je vais mettre en scène soit identique ou très proche de celui qui est dans les bouquins. Mais je ne suis pas venu à ce geste par un simple effet de mimétisme mais par un autre chemin, et cela fait toute la différence.
[1] Quand l’esprit dialogue avec le corps: entretiens avec le Dalaï Lama sur la conscience, les émotions et la santé : sous la direction de Daniel Goleman, art. de Francisco Varela, pp. 68 et suiv. Ed. Trédaniel poche (2007)
